Ce site web est l'objet de mon travail d'analyse de deux références d'identités visuelles qui utilisent le motion design, et qui sont en lien avec mon projet de fin d'année. Pour mon projet, je souhaite concevoir l'identité visuelle de l'association Skytale, association de création de jeux vidéos que j'ai rejoins en mars 2025. Mes deux références ne viennent pas du milieu du jeu vidéo. En effet il me semble qu'aujourd'hui très peu de studio de jeux possèdent des identés visuelles comparables à celles du monde du design graphique. Les jeux sont connus et appréciés pour leur direction artistique, mais la communication autour est généralement très effacée. Pourtant, je pense que le milieu du jeu vidéo gagnerait à utiliser des univers graphiques plus développés pour la communication autour des jeux. Une identité forte et reconnaissable peut participer à faire connaître un studio, et dans mon cas mon association, et ainsi mettre en avant ses projets et ses bénévoles.
J’ai choisis d’intégrer le motion design dans mon projet car il s’agit d’un enjeu très important du domaine du design graphique aujourd’hui. L’animation permet d’apporter du dynamisme à la communication visuelle, qu’il s’agisse de logos, de typographie ou de montage vidéo, et ainsi capter l’attention du public. De plus, c’est une compétence que je souhaitais vraiment acquérir cette année.
Pour m’aider dans mon projet, je vais analyer et comparer les identités d’un festival sur le motion design et d’une application de livres audio à travers la question suivante : Comment créer une identité visuelle dynamique grâce au motion design à partir d’ un concept simple ?
L’analyse et la comparaison de ces identités à travers 7 grandes catégories va m’aider pour comprendre toutes les étapes de création d’une identité visuelle et tous les choix pris par les studios au cours de leurs processus créatifs.


Travail effectué dans le cadre de la licence porfesisonnelle design graphique & multimedia à l’université Rennes 2. Toutes les images et vidéos utilisées pour cette analyse proviennent des sites suivants :

Bibliographie :
Analyse comprarative de deux identités visuelles
accès rapide 1
accès rapide 2
Contexte et enjeux de la commande
Ma première référence est l’identité visuelle créée par le studio BUCK pour un festival de motion design appelé In Motion. Ce festival a été créé en 2023 par We are Playgrounds. Playgrounds est une plateforme de diffusion dédiée à la création d'images dans les champs de l’animation, du design graphique, des effets spéciaux, des films ou des jeux vidéos. Depuis 2006, ils organisent des festivals et des conférences avec des professionnels et des passionnés. Le festival In Motion se concentre sur l’animation, le motion design et les innovations dans ces domaines. Pendant deux jours, des professionnels sont invités pour donner des conférences et parler de leur travail. Les premières éditions ont eu lieu en 2023 en Angleterre et aux Pays-bas : Londres en septembre, Rotterdam en octobre puis Breda en novembre. En 2024 il s’est tenu à Rotterdam en septembre et Londres en octobre. La dernière édition en date a eu lieu en octobre 2025 à Londres. L’évènement a pour sponsor principal Procreate, une entreprise de création d’applications sur IPda de dessin et d’animation.

BUCK studio

Créé en 2004 à Los Angeles par Jeff Ellermeyer, Ryan Honey, and Orion Tait, le studio BUCK se définit comme une entreprise créative mondiale qui place le talent au cœur de son action. C’est un studio de création visuelle globale : animation 2D et 3D, motion design, effets speciaux, illustration etc. Ils travaillent sur des identités visuelles de marques ou d’évènements, des publicités ou des courts-métrages pour des très gros clients dans des domaines assez variés comme Adobe, Microsoft ou Airbnb. Ils ont aujourd’hui des bureaux à Los Angeles, New York, Sydney, Amsterdam et Londres, comptent plus de 400 employés et travaillent également régulièrement avec des freelances. BUCK avait déjà travaillé pour Playgrounds en 2022 sur une nouvelle identité graphique pour leur festival “Art Department”. C’est un festival autour de l’art et du design des films, films d’animation et jeux vidéos avec une identité visuelle animée très colorée et créative, qui correspond à la fois à l’image de Playground et aux projets de BUCK.

Enjeux de l’identité

Le festival InMotion est destiné à des professionnels de l’animation et des designers graphiques, mais aussi des passionnés ou des curieux. L’enjeu de cette identité était donc de correspondre à l’ambiance des lieux et la diversité des profils des festivaliers tout en prenant en compte son thème : l’animation. Il semble donc assez logique que l’identité soit elle même animée, pour donner au festival l’image d’un lieu de rencontre et d’apprentissage avec des experts du domaine.
De l'expérimentation à l'identité visuelle

Le mot In Motion comme point de départ

Pour créer cette identité, le studio BUCK a utilisé le nom du festival, le mot In Motion, comme point de départ.
Le mot, en majuscules et en gras, contient déjà des formes graphiques et fortes. Les lettres N et M sont composées de barres verticales et obliques. En ajoutant le I et le N, présent à la fin du mot, on crée l’enchainement N I M N dans lequel se construit une forme de zig-zag. En mettant le mot en italique, on accentue le mouvement en supprimant toute la verticalité, ce qui rend cette forme de zig-zag encore plus évidente.
A partir de cette base, on peut rajouter un lien entre les mots IN et MOTION, ce qui crée presque un nouveau mot.
Le lien créé est lui aussi une forme géométrique qui suit le mouvement du mot. Il est composé de trois barres obliques et ressemble à un N inversé en miroir horizontal ou à une partie d’un M.  Cela crée un jeu avec le nom du festival grâce à une forme très graphique qui va devenir son logo. BUCK a donc décidé d’utiliser le mouvement déjà présent dans le nom du festival comme base de l’identité visuelle. Le fait d’utiliser un élément déjà présent leur permet d’avoir un point de départ et de commencer dès le début à créer une logique dans cette identité.

Le symbolisme de l’onde

La forme créée par ce nouveau mot resemble à une vague ou à une onde. Lors d’une conférence donnée pendant la première édition du festival, le directeur artistique Erwin van Den Ijssel utilise une métaphore grâce à l’expression “être sur la même longueur d’onde” (qui fonctionne aussi en anglais : to be on the same wavelenght). Le festival rassemble des professionnels et des amateurs qui viennent d’horizons différents, travaillent dans des disciplines différentes, ont des points de vue et des talents différents mais qui se rassemblent tous autour de l’art de l’animation. Il cherche à célebrer toutes ces formes d’art et les artistes qui y contribuent. Les personnes participant au festival sont donc, malgré leurs différences, toutes sur la même longueur d’onde. L’onde fait aussi penser au son, qui est un autre aspect très important dans l’art de l’animation car il est omniprésent dans le cinéma, les effets spéciaux, le doublage etc.
Enfin, l’idée de l’onde ou de la vague me rappelle les courbes d’animations. C’est un outil que l’on peut utliser en 2D et en 3D qui permet d’attriber une valeur ou une position dans le temps à chaque élément que l’on anime. Elles permettent de controler très précisement la vitesse des mouvements, ou de créer des effets. Les plus classiques sont par exemple les courbes “ease-in”, avec laquelle on crée une animation lente au début puis rapide à la fin, “ease-out”, qui est l’opposé, ou “ease-in-out”, qui crée un effet de rapidité au milieu de l’animation. Sur le gif ci-dessous, on voit un exemple du fonctionnement du ease-in-out. Il existe aussi des courbes beaucoup plus complexes notament pour le cinéma d’animation.

Experimentations avec l’animation de l’onde

Erwin van Den IJssel est un directeur artistique basé à Amsterdam qui a travaillé en collaboration avec BUCK sur cette identité visuelle. Dans cette vidéo, tirée de la conférence qu’il a donné lors de la première édition du festival, il montre différents essais d’animation réalisés au début de la création de l’identité.
On y voit des expérimentations avec des ondes de différentes formes, rythmes et longueurs. Le motif créé par le logo donne une onde géométrique triangulaire. Sur les deux animation en bas à droite, on voit que BUCK a aussi essayé des animations avec d’autres formes plus carrées ou au contraire très rondes.

Le logo comme base de l’identité

Après avoir fait des essais de différentes animations d’ondes, BUCK a décidé d’animer le logo du festival, qui est donc le mot In Motion en majuscule, avec le lien entre le N et le M, et de baser toute son identité visuelle dessus. On peut voir ici deux animations de ce logo. Sur le premier gif, le texte est écrit sur 7 lignes, et l’animation se lance en décalage, une ligne après l’autre, comme si une onde verticale parcourait l’image de haut en bas. Le mot est comme étiré sur la gauche, et c’est cet étirement qui crée le mouvement et l’animation de l’onde. Elle se transforme de formes droites à des formes arrondies de plus en plus longues. Elle revient ensuite par la droite de l’image, puis se replace pour recréer le mot d’origine. BUCK utilise ici une courbe ease-in-out, lente au début et à la fin, et plus rapide au milieu, ce qui crée du dynamisme en accentuant le mouvement d’étirement, et permet à l’animation d’être jouée en boucle tout en restant fluide. Chaque ligne reste dans une sorte de rectangle invisible, sans en dépasser en hauteur pour ne pas empiéter sur les autres.
Sur la deuxième image, on voit une autre variation du logo. Il est cette fois-ci écrit sur trois lignes et le lien entre les lettres est agrandit, devenant presque un caractère à part entière. Le nom du festival reste facilement lisible, car toutes le lettres le sont à part le N qui est mélangé à ce nouveau caractère. Ici aussi, l’animation des lignes se fait en décalé, chacune à son rythme. La ligne du milieu est animé dans le sens inverse : elle s’étire vers la droite et revient par la gauche. On voit ici que BUCK a essayé quelque chose d’autre, et commence déjà à tester la polyvalence de l’identité uniquement avec le logo.
Langage visuel : formes et couleurs

La typographie comme forme

Le lien entres les lettres N et M, ainsi que le motif créé par l’animation du logo deviennent des formes à part entière qui peuvent être agrandies, étirées ou déformées. Elle ne sont plus faites pour être lues mais pour créer des arrières-plans, des détails ou du mouvement. L’animation de l’onde peut être arrêtée à tout moment pour créer un nouveau motif et ainsi une nouvelle image. Sur cette affiche, l’arrière plan est un zoom sur une partie de l’onde que l’on devine en noir sur fond bleu. On y retrouve aussi le logo dans ses différentes états d’animation sur onze lignes. On peut presque reconstituer le mouvement nous même en regardant chaque ligne l’une après l’autre. En haut et en bas de l’image, le mot In Motion n’est même plus lisible, car l’animation est figée sur le moment où l’onde prend le dessus sur le texte. L’identité utilise des formes très géométriques : Des rectangles pour les extrémités des lettre N, M et I, qui créent les sommets de l’onde, et pour les blocs, que l’on analysera plus en détail juste après. Des triangles avec le lien en zig-zag entre le N et le M, qui forment le motif qui va souvent servir d’arrière plan et qui apportent du dynamisme. Des ronds avec la lettre O et les courbes utilisées pour l’animation du logo de festival. On retrouve également ces courbes sur une onde beaucoup plus fine, en vert sur cette affiche. Le studio BUCK joue sur les épaisseurs et les longeurs d’ondes pour créer du dynamisme dans les visuels. La courbe vert la plus fine en est un exemple : elle contraste avec le reste de l’image en y apportant de la légèreté qui casse le côté parfois assez massif de l’identité. Les visuels sont très chargés en informations avec beaucoup de formes, de couleurs et de textes. Pourtant, l’animation de base permet de créer des formes diversifiées, et ainsi designer des visuels suffisamment différents pour ne pas sembler trop répétitifs. Cette variété dans les formes et les visuels reflète parfaitement l’image du festival : ouvert à tous, dynamique et avec une énergie bouillonnante.

Des séparations en blocs pour des visuels modulables

La composition de la majorité des visuels utilise un système de blocs rectangulaires horizontaux. C’était déjà le cas sur les premières animations du logo où il était réparti sur plusieurs lignes. Sur les images ci-desous, qui viennent de gabarits très utilisés sur les réseaux sociaux du festival, on voit des séparation nettes en différentes parties. Ces dernieres sont identifiables par l’inversion des couleurs entre l’arrière plan et l’onde. Je les ai accentuées sur l’image de gauche avec des traits oranges.
Sur l’image de droite, on peut remarquer que dans le bloc du bas, il y a un morceau de l’onde qui ressemble à un N inversé. Cette zone contient des images ou des vidéos montrant le travail des artistes invités au festival. Le N permet donc d’unifier tout le visuel malgré les styles graphiques très différents qui peuvent s’y trouver. Seule la vague la plus fine déborde entre les différentes parties de l’image. Elle permet comme pour l’affiche précédente de casser le côté massif de ces blocs. Ce principe de séparation en différentes sections instaure une autre règle de l’identité : le fait de pouvoir les combiner entre elles ou avec des images. L’identité est ainsi modulable à l’infini et s’adapte à tous les supports de communication avec tous les visuels de présentation des artistes. Elle fonctionne aussi bien sur des formats verticaux qu’horizontaux et de toutes les tailles grâce à l’onde qui peut être étirée ou déformée à volonté.
Sur la vidéo ci dessous, on voit un jeu entre les différents plans. La forme de l’onde entoure le texte comme un ruban et la vague la plus fine en fait de même. Elle ne bougent cependant pas à la même vitesse, ni selon les mêmes mouvements, ce qui apporte de la variété au visuel. Le nom de l’artiste reste cependant toujours lisible grâce au mouvement et au déplacement de l’onde.

Règles de l’identité

Tous les visuels et les gabarits sont créés selon les règles que l’on a analysées précédement. Ils sont presque toujours séparés en différents blocs que l’on remarque facilement par l’inversion des couleurs. Parfois, l’image est aussi composée en plusieurs lignes qui contiennent chacune un état de l’animation du logo. L’onde est toujours utilisée sous deux formes différentes : sa forme triangulaire très massive dans une des deux couleurs principales (bleu ou vert), et sa version plus fine et arrondie qui vient jouer avec les différents plans en passant au dessus de certaines formes et en dessous d’autres. Il lui arrive aussi de se glisser à l’intérieur des lettres. Elle utilise toujours l’autre couleur principale.
L’identités visuelle créée par BUCK suit ainsi un ensemble de règles assez strictes pour garder de la cohérence à travers toutes les images. Toutes les formes viennent de l’animation du logo. Elle utilise finalement assez peu d’éléments différents mais pourtant les composition sont très chargées avec beaucoup de formes, de couleurs, parfois d’images et de mouvement. L’identité correspond parfaitement à l’énergie bouillonante du festival.

Des couleurs intenses pour un festival énergique

BUCK utilise une palette de quatre couleurs : bleu, vert, gris foncé et blanc cassé. Le bleu et le vert, qui sont les deux couleurs principales de l’identité, sont très vibrants et saturées. Les deux autre couleurs sont un gris très foncé et un blanc cassé. BUCK a choisi de ne pas utiliser de vrai noir ni de vrai blanc probablement pour adoucir un peu les deux couleur principales qui sont déjà très intenses, en diminuant légèrement le contraste. Ce bleu électrique me fait immédiatement penser à la couleur du “bluescreens”, ou “écran bleu de la mort” qui est l’écran d’erreur qui s’affiche sur les ordinateur utilisant le système d’exploitation Microsoft Windows. C’est également la couleur par défaut des liens hypertextes en programmation. C’est une couleur très liée au numérique et à internet en général. Elle est aussi utilisée dans des projets de design qui mélangent graphisme et programmation. Le vert très saturé évoque lui aussi un univers informatique. En effet, il rappelle la “pluie numérique” ou “pluie vert” inventée par le film Matrix, sorti en 1999..
Les couleurs sont utilisées en aplats uniquement. Il n’y a pas de dégradés ou de couleurs intermédaires. Cela renforce l’ambiance très colorée du festival. Dans la salle également des éclairages bleu et vert sont utilisés. On voit que rien n’est laissé au hasard pour assurer une cohérence de l’identité sur tout ce qui concerne In Motion.
Lorsque le bleu est utilisé comme couleur principale, il est associé majoritairement au gris pour les couleurs des formes. Le blanc est utilisé dans ce cas la pour le texte. A l’inverse, lorsque c’est le vert qui est utilisé en couleur principale, il est associé au blanc et le noir est alors utilisé pour les textes. Les ondes les plus fines sont, elles, toujours de la couleur opposée à la principale (vert si la couleur principale est le bleu, et inversement). Le festival a eu lieu à plusieurs endroits différents : Londres, Rotterdam et Breda. La couleur principale de l’identité change en fonction de ce lieu. On pourrait penser que les éditions en Angleterre utilisent une couleur, et celles aux Pays-Bas un autre, mais en réalité le festival de Rotterdam est le seul dont la couleur dominante est le vert. Toutes les éditions à Londres, et celle qui a eu lieu à Breda en 2023, utilisent le bleu comme couleur principale.
Systèmes d'animation et rôle du mouvement

Expérimentations sur le mouvement

Cette vidéo provient du site web d’Erwin van Den IJssel et présente différents essais d’animation de l’onde. Elle semble coupée en hauteur et en largeur mais je l’ai récupérée tel quel.
On y voit trois essais d’animation assez différents avec l’onde basée sur le lien entre les lettre N et M. On peut aisément deviner à leurs noms que ce sont des expérimentations parmi beaucoup d’autres, et que ça ne sont pas les versions finales même si elles s’en rapprochent. La première, appellée Wave_TEST_15, est relativement lente. Elle effectue un mouvement horizontal qui ressemble au déplacement fluide d’une vague et crée presque de la rondeur alors qu’elle n’est composée que de barres obliques. La deuxième, nommée Test_Generative, est au contraire beaucoup plus rapide. Le nom “generative” vient du fait que les longueurs d’ondes fusionnent ou se séparent entre elles pour en générer des nouvelles. Son dynamisme fait écho à l’énergie électrique du festival. La troisième, la Wave_Anticipation2, semble assez désordonnée de part ses barre obliques très penchées. L’effet de rebond crée un mouvement qui fait penser à un ressort.
La première et la dernière animation utilisent toutes les deux une courbe ease-in-out, lente au début et à la fin, et rapide au milieu ce qui les rend plus dynamiques tout en créant des moments de pause plus calmes. La deuxième au contraire reste très intense du début à la fin. Elle semble presque animée en stop motion, donc image par image, tant elle est rapide. On remarque avec ces tests que toutes les animations ne provoquent pas le même effet. En jouant avev les longueurs d’ondes, rythmes, courbes et formes, BUCK crée des mouvements avec des personnalités. Les plus lentes donnent une sensation calme et paisible. Elles font penser à de l’eau et sont très satisfaisante, presque hypnotisantes, à regarder. Les animations plus dynamiques, au contraire, apportent une énergie débordante qui attire tout de suite l’oeil.

Une animation pour donner du caractère

La vidéo ci dessous me parait très intéressante. Elle est jouée lors du festival sur les grands écrans pendant les pauses entre les conférences. L’animation est très particulière car elle entoure le texte et elle semble marcher. BUCK utilise les sommets carrés de l’onde pour les transformer en pieds et donner une personnalité humaine au mouvement. Cela contraste avec l’idée de l’identité très numérique qui peut sembler froide et distante. L’animation est, comme toutes les autres, prévue pour être jouée en boucle. Malheuresement ici il semble manquer une image à la fin qui rendrait la transition parfaite.
La vague verte qui entoure l’animation n’a pas du tout le même rythme. Elle est utilisée en tant que forme et en tant que mouvement pour contraster avec le reste de l’image. Elle ne suit pas le rythme de l’autre onde et se décale au fur et à mesure vers la droite pour ne jamais être parfaitement alignée avec l’onde noire. Cette vidéo me fait par ailleurs penser à un lien amusant : en animation 2D et 3D, l’animation d’un cyle de marche est l’un des premiers exercices que les étudiants réalisent. Il permet d’apprendre les fondamentaux de l’animation en créant un mouvement relativement complexe mais extrêmement important. Cette vidéo est peut être un clin d’oeil aux artistes professionnels qui participent à l’évènement.

Analyse de visuels animées pour les réseaux sociaux

Ces deux vidéos sont les visuels principaux utilisés pour la communication sur le compte instagram d’In Motion. Elles reposent sur des gabarits où seuls le texte et l’image varient d’une publication à l’autre. Celle de gauche est utilisée pour faire passer des messages généraux à propos du festival et celle de droite pour annoncer les artistes qui y participeront. Elles utilisent une animation assez similaire à la “Wave_TEST_15” que l’on a vu précédement, mais en plus lente et zoomée. Le visuel de gauche qui ne contient que du texte est également légèrement plus rapide que celui de droite qui est composé de texte et d’une image. BUCK a probablement choisi d’utiliser une animation plus lente que certaines expérimentations ou que l’animation du logo, pour garder de la lisibilité sur les visuels qui présentent des informations importantes.
On peut remarquer sur la vidéo de droite que le bloc de haut est animé alors que la forme de N présente sur l’image en bas ne l’est pas. Cette forme permet d’unifier le visuel tout en laissant place au travail de l’artiste invité. La vague la plus fine est ici animée de manière linéaire. Elle se déplace de droite à gauche et son amplitude grandit au fur et à mesure.
Sur cette vidéo que l’on trouve également sur les réseaux sociaux, BUCK combine quatre blocs qui utilisent des animations avec des vitesses et des longueurs d’ondes différentes. On y voit aussi l’animation du logo qui est le point de départ de toutes les formes présentes sur le visuel. L’aassemblage de ces éléments crée un visuel très dynamique et énergique qui demande de se concentrer dessus pour tout voir et tout comprendre.

Une rare animation du texte

L’identité du festival étant déjà très dynamique avec beaucoup de formes en mouvement, le texte est l’un des rares éléments fixes. Il apporte de la stabilité et reste lisible. J’ai cependant trouvé cette vidéo d’annonce de l’édition 2025 du festival, sur les réseaux sociaux d’In Motion, dans laquelle on voit un texte en mouvement. Il apparait par translation de bas en haut, puis chaque ligne bouge très légèrement de manière désynchronisée. Une onde verticale invisible parcours le texte de haut en bas, comme pour la première animation du logo. Le texte semble bouger comme si il avait été posé à la surface de l’eau.

Un montage rythmé et dynamique

Le dynamisme de l’identité se retrouve aussi dans le montage des vidéos comme les aftermovies. Les différents plans s’enchainent très vites, sans aucunes transitions, et avec une fréquence d’environ deux plans par seconde. Ce montage ultra-rapide utilise souvent des plans au ralentis ce qui donne presque l’impression de voir une vidéo en stop motion car on a à peine le temps de voir les vidéos bouger. A certains moment, on voit des incrustations du logo au second plan, juste derrière les artistes et festivaliers qui parlent. Le son joue également un rôle important avec une musique très énergique qui est parfois synchronisée avec les changements de plans.
Ce type de montage très dynamique avec des coupures franches entre les plans est aujourd’hui omniprésent sur les réseaux sociaux dans les formats courts. Son rôle est de capter l’attention du spectateur pour se démarquer au milieu du flot d’informations qu’il voit défiler en permanence. Il est parfaitement adapté à l’ambiance énergique et électrique du festival In Motion.
Utilisation de la typographie Lorem ipsum dolor sit amet consectetur adipisicing elit. Perspiciatis provident quas omnis fugiat repellendus quam aliquam architecto nemo doloremque ipsa fuga dolor nesciunt quibusdam, numquam est, sit ducimus, unde itaque.
Déclinaisons et limites de l'identité Lorem ipsum dolor sit amet consectetur adipisicing elit. Perspiciatis provident quas omnis fugiat repellendus quam aliquam architecto nemo doloremque ipsa fuga dolor nesciunt quibusdam, numquam est, sit ducimus, unde itaque.
Conclusion et reflexions pour mon projet personnel Lorem ipsum dolor sit amet consectetur adipisicing elit. Perspiciatis provident quas omnis fugiat repellendus quam aliquam architecto nemo doloremque ipsa fuga dolor nesciunt quibusdam, numquam est, sit ducimus, unde itaque.
Contexte et enjeux de la commande
Ma deuxième référence est l'identité visuelle créée par le studio Illo pour l’application de livres audios Storytel. Fondé en 2006 par Jonas Tellander et Jon Hauksson à Stockholm en Suède, Storytel est aujourd’hui disponible dans 25 pays et est l’un des leader mondiaux des services de streaming de livres audio. Ils possèdent 11 maisons d’éditions et indiquent sur leur site avoir une offre de plus d’1,5 million de livres audios et e-books à travers toutes leurs plateformes. Ils ont commandé une première refonte totale de leur identité visuelle au studio suédois Gardenberg en 2019. Cette refonte concernait l’application mobile et les visuels de communication pour les réseaux sociaux et la publicité. En novembre 2024, ils ont fait appel au studio italien Illo pour imaginer une nouvelle identité.

Le studio Ilo

Fondé en 2012 par Ilenia Notarangelo et Luca Gonnelli, Illo est un studio de design graphique italien basé à Turin qui compte aujourd’hui 15 employés. Ils ont commencé en travaillant avec des petites start-ups, et sont aujourd’hui devenu un studio mondialement reconnu, ce qui leur permet de travailler avec les plus grosses entreprises sur des projets très variés : identités visuelles, illustrations, animations, motion design, 2D, 3D, publicité etc. Leur style graphique, inspiré du travail de designer italiens comme Munari, Sottsass et Vignelli, est très coloré, géométrique, illustratif et se retrouve à travers tous leurs projets.

Enjeux de l’identité

L’objectif avec cette commande était de développer une nouvelle identité visuelle cohérente pour unifier leur communication à l’internationale, aussi bien pour leur application que pour la publicité ou la communication sur les réseaux sociaux, pour créer une expérience utilisateur continue. Storytel s’adressant à un public large et très diversifié, la simplicité et l’accessibilité étaient aussi des enjeux importants. Illo et Storytel ont travaillé en collaboration sur cette identité pour concevoir un langage visuel flexible. Illo a notament réalisé un workshop à Stockholm pour expliquer aux équipes internes de Storytel tout leur processus de création, et ainsi leur permettre de comprendre l’identité et se l’approprier, pour continuer d’expérimenter avec, leur permettant une liberté créative à long terme.
Les deux studios dont je vais parler dans cette analyse sont assez similaires dans le types de projets qu’ils créent. Ils ont tous les deux une très large gamme de compétences : 2D & 3D, motion design, stop motion, illustration, identités visuelles, animations, publicités etc, ce qui leur permet d’évoluer dans des secteurs très diversifiés. Ils travaillent notament pour des géants de la tech (Google, Microsoft), des évènement culturels (festivals ou autres évènements) ou des publicités, animations ou courts métrages. Cependant, le studio BUCK emploie plus de 400 personnes, contre 15 pour Illo. Cette différence se ressent dans les styles graphiques de leurs différents projets : là ou Illo a un style assez similaire à travers tous les projets, ça n’est pas le cas pour BUCK. Les deux identités que je vais analyser et comparer sont très récentes (2023 et 2024). Cela va me permettre de comprendre leurs points communs, et donc de me faire une idée sur ce qui est utilisé graphiquement aujourd’hui, et leurs différences pour comprendre ce qui les rend uniques.
De l'expérimentation à l'identité visuelle

Le symbolisme du feu de camp

Pour cette identité, Illo n’a pas créé le logo mais a repris la flamme orange déjà existante. Elle représente Storytel et contient une signification forte : un feu de camp autour duquel on se rassemble pour raconter des histoires. Storytel cherche à se créer une image chaleureuse grâce à cette symbolique qui évoque une tradition très ancienne et surtout humaine. Elle permet aux utilisateurs d’établir une connexion avec l’univers de l’application. Illo a ensuite développé cette idée pour créer une nouvelle identité. Ils ont créé des formes noires qui représentent les ombres projetées par les flammes, puis animé l’identité en utilisant le stop motion, qui renvoit au crépitement des flammes et au rythme sacadé de la voix d’un narrateur.
Les deux studios s’appuient sur une signification forte, liée à l’identité sur laquelle ils travaillent, comme point de départ de leur création. Pour In Motion, c'est la longueur d'onde, qui vient elle même du nom du festival, et pour Storytel, c'est le feu de camp. Dans les deux cas, ils développent des formes en lien avec cette signification. On remarque tout de suite que les deux identités vont être visuellement très différentes car les points de départ le sont aussi. D’un coté, le festival évoque un imaginaire lié au numérique, presque mathématique ou scientifique avec la longueur d’onde, alors que l’application de livres audios est liée a la nostalgie, la créativité et la chaleur humaine. On peut également noter un lien entre ces identités qui contiennent toutes les deux dans leurs symboliques l’idées du son.

Découpage dans du papier

Illo a commencé le design de cette identité en découpant dans du papier des formes qui rappellent les ombres projetées par le feu de camp. Il se sont inspirés de formes primitives, des monolithes qui sont des gros blocs de pierre, taillés ou naturels, souvent de très grande taille, et des papiers découpés d’Henri Matisse. L’action de découper dans du papier crée des formes imparfaites et abstraites et c’est toute la volonté du studio. Elles donnent l’impression d’être dessinées en un seul geste, et d’être faciles à recréer. Ils créent ainsi un langage visuel plus humain, naturel voire naïf. Cette approche contraste avec le réflexe que l’on a en général de commencer directement à designer sur l’ordinateur.
On peut noter que la manière qu’ont les deux studios d’aborder ces identités est très différente. Pour le festival InMotion, BUCK commence directement par des expérimentations numériques, ce qui semble assez classique, avec le design du logo. Ils ont ensuite très rapidement fait des essais d’animations car le mouvement est à la fois le sujet du festival et le coeur de leur identité. De l’autre côté, le studio Illo à commencé par découper ses formes dans du papier. Ils ont choisi une approche plus manuelle, qui est cohérente avec l’effet dessiné à la main, imparfait et chaleureux recherché pour identité de Storytel. Les processus de travail et de recherches correspondent parfaitement à chaque projet.

Des formes pour illustrer des idées complexes

Dans l’application Storytel, il y a un onglet avec les différentes catégories de livres : fantasy, romance ou développement personnel par exemple. L’objectif de l’identité était de créer des formes pour illustrer ces noms de catégories, ainsi que d’autres mots ou idées pour la communication si nécessaire. Comment illustrer des concepts abstraits tels que “abonnement” ou “histoire” avec des formes ? C’est la question que s’est posé Illo. Pour simplifier ces mots ou sujets complexes, ils les ont décomposés en plusieurs idées plus simples pour ensuite les traduire en formes. Par exemple, pour représenter le mot “Pâques”, ils l’ont divisé en plusieurs idées liées au mot : fleur, papillon et lapin. Ces nouveaux mots sont plus faciles à associer à des formes, et c’est en combinant ces formes qu’ils vont créer l’illustration du mot “Pâques”. Autre exemple pour le mot “enfants”. Ils l’ont décomposé en : arc en ciel, l’action de jouer et un jouet spiral.
Les formes finales ainsi créées sont alors plus ou moins abstraites de part la difficulté à représenter les différentes idées. D’un point de vue de spectateur, certaines sont plus évidentes que d’autres à comprendre. L’interprétation personnelle dépend de la sensibilité et des références de la personne qui les regarde, surtout que chaque forme contient plusieurs significations. Ce système de création de formes illustratives, faites à la main et faciles à dessiner rend l’identité accessible car tout le monde peut se l’approprier et essayer d’imaginer ses propres formes pour les mots de son choix, ce qui permet au public de s’engager avec l’identité. L’identité visuelle repose donc sur un potentiel infini de design de formes, ce qui la rend dès le début très versatile. Elle permet par exemple à l’équipe de Storytel d’ajouter des catégories de livres si nécessaire.
Les deux identités se basent chacune sur une idée assez simple. BUCK utilise l’animation de l’onde, qui vient elle même du logo qu’ils ont créé, alors qu’Illo avait pour contrainte un logo déjà existant. Ils l’ont utilisé à leur avantage en reprenant sa symbolique pour créer des formes illustratives qui représentent des idées et des concepts. En revanche, leurs processus de création sont presque à l’opposé. BUCK commence par créer l’animation du logo, qu’ils vont ensuite arrêter pour créer des formes identifiables, alors qu’Illo dessinent d’abord leurs formes figées. Ils animeront ces formes dans un second temps en utilisant le stop motion. J’aborderai les sytèmes d’animation plus tard dans cette analyse.
Langage visuel : formes et couleurs

Des formes organiques et imposantes

Après l’étape du papier pour faire des recherches graphique, et la définition claire du concept de base, Illo utilise le numérique pour développer l’identité visuelle. Les formes qu’ils créent réprésentent des mots, des idées ou des concepts. Elle peuvent sembler abstraites au premier coup d’oeil, mais contiennent en réalité des significations liées aux mots qu’elles illustrent. Illo présente souvent ces formes au centre de rectangles colorés où elles occupent la majorité de l’espace. Leur aspect massif et imposant rappelle les monolithes. Simples à dessiner, accessibles et imparfaites, leur design est plutôt minimaliste. On ne voit pas de forme très fine, ni vraiment de détails car elles doivent pouvoir être découpées facilement dans du papier. Parfois, les formes semblent aussi être l’association de plusieurs silhouettes encore plus simples, collées les unes à côté des autres. Par exemple, sur l’image ci-dessous, on remarque que le partie de gauche est plutôt carrée tandis que celle de droite ressemble à un ovale. Elles sont imbriquées l’une dans l’autre pour n’en former qu’une. On constate aussi qu’elle est composé d’un mélange de courbes et d’angles, ici entourés en orange, qui ne sont jamais vraiment parfaits, ce qui leur donne un aspect organique.
Cette forme représente le mot romance. Avant de trouver les mots exacts utilisés par Illo, mon interprétation personnelle était la suivante : la romance évoque les idées de relation et d’échange. On remarque ici une association de deux silhouettes qui ne sont pas identiques. Elles sont collées entre elles, pour évoquer la relation, et celle de gauche semble progressivement prendre les caractéristiques de l’autre. Ses angles s’arrondissent, comme si elle se transformait au contact de celle de droite, ce qui symbolise l’échange. Ce n’est qu’ensuite que j’ai trouvé toutes les significations officielles réfléchies par Illo. Ce design se base sur les mots “étreinte” et “deux personnes”, ce qui semble assez proche de mon analyse. Les formes sont accessibles par la simplicité de leur design, et l’identité résonne avec les utilisateurs en les laissant libres d’interpréter les visuels selon leurs ressentis et leur vécu.
Illo a aussi créé un système de formes modulables. Elles sont étirables et déformables dans le sens de la hauteur et de la largeur, pour s’adapter aux différents supports de communication. Sur l’image ci-dessous, la forme de gauche, ressemble à la lettre m. Elle peut être écrasée sur elle même jusqu’à se transformer en n lorsqu’elle devient trop petite en largeur.
Cette approche permet à des formes plus complexes, qui perdraient en lisibilité si trop écrasées, de rester déformables et modulaires. La forme de droite, elle, semble plus classique car plus rectangulaires. Son côté gauche la rend reconnaissable et lisible et sa simplicité permet de la faire varier en largeur tout en gardant sa forme caractéristique.
On peut voir ici un autre exemple de déformations grâce à la forme qui représente Paques. Elle est composée d’un assemblage de 4 silhouettes en forme de pillules qui lui donnent une symmétrie horizontale et verticale. Même étirée à l’extrême, elle reste relativement reconnaissable. On constate ainsi une volonté de la part d’Illo de rendre les formes totalement déformables pour les adapter à différents besoins, tout en gardant les caractéristiques qui les rendent uniques.

Utilisation des formes en pratique

Tous les visuels que j’ai analysés précédement proviennent du site web d’Illo. Ils montrent leur cheminement de pensée et le processus de création des formes et de l’identité visuelle, mais pas vraiment leur application concrète.
L’image ci-dessous vient du compte instagram islandais de Storyel. Chaque publication reprend tous les principes vus précédement : un carré coloré avec une forme noire au centre qui prend la majorité de la place. Les informations importantes sont écrites en blanc au dessus et le texte est structuré avec un titre et un sous-titre de tailles différentes. Il est aligné au centre et ne dépasse pas des formes.
Sur ce mockup d’affiche publicitaire, on remarque cette fois-ci la présence de deux formes qui occupent la majorité de la place. Le support étant très large, Illo a fait le choix d’utiliser plusieurs silouhettes plutôt que d’en déformer une seule à l’extrême. Cette fois-ci, seul le logo est présent en bas à droite et aucun autre texte n’est utilisé ce qui donne un aspect très minimaliste à cette publicité. Les formes et la couleur suffisent à reconnaitre l’identité.
Les deux images suivantes proviennent directement de l’application Storytel. On remarque que les formes y sont utilisées de manière légèrement différente que précédement. A gauche, la silhouette de loupe apparaît en noir sur un fond bleu pour illustrer les informations de la page.
En revanche sur l’image de droite, on remarque que les formes sont en couleur sur un fond noir. Ce changement permet d’apporter des variations dans l’identité. Elles sont regroupées par trois dans un petit carré au centre de l’écran et n’occupent plus la majorité de la place. Cela s’explique par la nécessité d’afficher des informations textuelles essentielles pour les utilisateurs de l’application.
Les deux identités visuelles se basent sur des formes très graphiques mais les résultats obtenus sont presque à l’opposé. Alors qu’In Motion utilise des formes géométriques, presque scientifiques, basées sur une onde, Storytel mise sur des silhouettes organiques, imparfaites et libres à l’interprétation. Dans les deux cas, la forme est le coeur même de l’identité. Les visuels du festival sont très chargés, presque saturés en informations par l’assemblage d’images, de formes, de couleurs et de textes et les jeux avec les différents plans. A l’inverse, Storytel mise plutôt sur le minimalisme avec des formes imposantes mais des visuels épurés. Ces différences sont parfaitement explicables de part la cible visée. D’un côté des professionnels de l’animation, et de l’autre un public très large moins initié aux nouvelles technologies. On remarque également que les deux studios utilisent un certain nombre de règles pour construire les identités, afin de garder une cohérence sur l’ensemble des supports, qu’ils soient numériques ou imprimés. Cependant, ce cadre ne bloque pas la liberté de création et permet au contraire de développer deux identités versatiles, avec un potentiel de déclinaisons très important.

Une palette de couleurs chaleureuses

Illo utilise un palette de couleurs équilibrée entre tons chauds et froids : jaune, rose, bleu, vert, orange, noir et blanc. Le orange y occupe une place particulière car il représente Storytel à travers son logo. Il est aussi utilisé pour les boutons de l’application, les titres sur le site web et certains textes sur les visuels de communication. Les couleurs choisies sont vives sans être trop saturées. Elle sont agréables, chaleureuses et rassurantes pour évoquer le calme nécessaire à l’écoute d’une histoire. En général, les formes sont noires et placées sur des fonds colorés unis, mais Illo se permet parfois de créer de la diversité dans l’identité en inversant ce principe. Sur l’application, les catégorie me semblent être associées avec une logique utilisant la psychologie des couleurs lorsque c’est possible : “police & thriller” en orange, “romance” en rose, “pour les enfants” en jaune et “science fiction” en vert. Ces catégories sont disposées sur une grille de deux colonnes de manière à ce que la même couleur ne se retrouve jamais juste à côté ou en diagonale. En revanche, sur tous les autres visuels, les couleurs sont utilisées de manière plus aléatoire. Par exemple au début de cette partie, la forme représentant le mot “romance” était placée sur un fond bleu.
BUCK et Illo utilisent tous les deux des palettes de couleurs assez réduites pour créer une ambiance et une cohérence dans l’identité visuelle. En plus des formes, elles sont un moyen de reconnaître en un coup d’oeil l’identité du festival et de l’application. Alors qu’In Motion repose sur des couleurs très saturées pour attirer l’oeil, Storytel utilise des couleurs plus douces qui correspondent à l’ambiance calme et chaleureuse qu’ils cherchent à instaurer.
Systèmes d'animation et rôle du mouvement Lorem ipsum dolor sit amet consectetur adipisicing elit. Perspiciatis provident quas omnis fugiat repellendus quam aliquam architecto nemo doloremque ipsa fuga dolor nesciunt quibusdam, numquam est, sit ducimus, unde itaque.
Utilisation de la typographie Lorem ipsum dolor sit amet consectetur adipisicing elit. Perspiciatis provident quas omnis fugiat repellendus quam aliquam architecto nemo doloremque ipsa fuga dolor nesciunt quibusdam, numquam est, sit ducimus, unde itaque.
Déclinaisons et limites de l'identité Lorem ipsum dolor sit amet consectetur adipisicing elit. Perspiciatis provident quas omnis fugiat repellendus quam aliquam architecto nemo doloremque ipsa fuga dolor nesciunt quibusdam, numquam est, sit ducimus, unde itaque.
Conclusion et reflexions pour mon projet personnel Lorem ipsum dolor sit amet consectetur adipisicing elit. Perspiciatis provident quas omnis fugiat repellendus quam aliquam architecto nemo doloremque ipsa fuga dolor nesciunt quibusdam, numquam est, sit ducimus, unde itaque.